Dans le monde du sport, il existe une phrase devenue presque incontestable : no pain no gain.
Elle est répétée partout, inscrite sur des t-shirts, martelée dans les salles de sport et glorifiée dans les vidéos de motivation. Souffrir serait la preuve que l’on progresse. Ne pas souffrir serait un signe que l’on ne fait pas assez.
Pendant un certain temps, cette logique peut sembler fonctionner. On force, on encaisse, on serre les dents et parfois, les résultats arrivent.
Mais le problème, c’est que cette vision de l’entraînement tient jusqu’au moment où elle ne tient plus. Jusqu’au moment où le corps lâche. Jusqu’à la blessure. Jusqu’à l’usure physique ou mentale.
Car une fois blessé, il devient impossible de dire à son corps : Allez, no pain no gain, on continue.
À partir de là, cette mentalité révèle ses limites. Et surtout, elle pose une vraie question : est-ce que souffrir est vraiment nécessaire pour progresser ?
No pain no gain : une logique qui s’effondre à la première blessure
Le no pain no gain repose sur une idée simple : pousser toujours plus loin, coûte que coûte. Tant que le corps encaisse, cette logique peut donner l’illusion d’être efficace. Mais le jour où une blessure apparaît, elle devient non seulement inutile, mais dangereuse.
Une tendinite, une déchirure ou une douleur articulaire persistante ne se négocient pas à la volonté. On ne peut pas forcer un tissu à se réparer plus vite en le violentant davantage. Au contraire, continuer à appliquer la logique du no pain no gain dans ces moments-là ne fait qu’aggraver la situation.
C’est là que cette mentalité montre sa faille principale : elle ne prévoit aucun plan quand le corps dit stop. Une approche d’entraînement valable uniquement quand tout va bien n’est pas une approche solide. C’est une fuite en avant qui confond progression et accumulation de stress et qui finit presque toujours par un arrêt forcé.
Et le plus ironique, c’est que beaucoup de pratiquants découvrent cette réalité trop tard, une fois blessés, quand ils n’ont plus d’autre choix que de ralentir.